Introduction
À partir du 1er janvier 2026, la LEZ de Bruxelles entre dans une nouvelle phase clé : les voitures diesel Euro 5 et les essences Euro 2 ne pourront plus circuler dans la capitale, avec d’abord une période d’avertissement puis des amendes. Cette évolution s’inscrit dans un calendrier beaucoup plus large qui vise à bannir progressivement tous les moteurs thermiques (diesel dès 2030, essence dès 2035) de la Région bruxelloise.
Rappel: qu’est‑ce que la LEZ à Bruxelles?
La LEZ (Low Emission Zone) couvre tout le territoire de la Région de Bruxelles‑Capitale depuis le 1er janvier 2018, avec pour objectif de réduire fortement la pollution liée au trafic routier. Les véhicules les plus polluants sont progressivement exclus, en fonction de leur norme Euro, afin de protéger la santé des habitants et de respecter les engagements climatiques. Concrètement, un système de caméras ANPR lit les plaques à chaque entrée dans la zone et vérifie automatiquement si le véhicule respecte les critères d’accès.
Décision de la Cour constitutionnelle et retour au calendrier initial
En 2024‑2025, le gouvernement bruxellois avait décidé de reporter de deux ans l’application du « jalon 2025 » de la LEZ, repoussant l’interdiction des diesel Euro 5 et essence Euro 2 de 2025 à 2027. Le 11 septembre 2025, la Cour constitutionnelle a suspendu ce report, estimant qu’il portait atteinte au droit à la santé et à un environnement sain ; le calendrier initial de la LEZ a donc été rétabli immédiatement. Résultat : les véhicules visés par le jalon 2025 sont de nouveau concernés, et la Région a dû organiser une phase transitoire avant le début effectif des sanctions en 2026.
Changements au 1er janvier 2026 : qui est encore autorisé ?
À partir du 1er janvier 2026, les règles d’accès se durcissent pour plusieurs catégories de véhicules qui circulent à Bruxelles. Les principales nouveautés concernent :
- Les voitures et utilitaires légers diesel Euro 5 : en pratique, la plupart des véhicules immatriculés entre début 2011 et fin 2015 (voire 2016 pour certains modèles) ne pourront plus rouler dans la LEZ.
- Les voitures essence Euro 2 : principalement des véhicules mis en circulation entre 1996 et 2000‑2001, également interdits à partir de 2026 dans la zone.
- Les motos/scooters essence ne répondant pas au minimum à la norme Euro 3 sont aussi exclus du territoire bruxellois, sauf exceptions spécifiques.
Les véhicules encore autorisés sont ceux qui atteignent au minimum la norme Euro suivante : diesel Euro 6, essence Euro 3 (ou plus), et motos Euro 3 ou plus, jusqu’aux prochaines étapes du calendrier.
Période transitoire, avertissements et amendes
Même si l’interdiction de principe est effective, Bruxelles a prévu une période transitoire pour éviter une bascule trop brutale vers les sanctions. À partir du 1er janvier 2026, les automobilistes qui circulent encore avec un véhicule non conforme recevront d’abord un courrier d’avertissement, sans amende, afin de les informer et de leur laisser le temps de trouver une solution.
Cette phase de tolérance dure deux mois : ce n’est qu’à partir du 1er mars 2026 que des amendes administratives de 350 € par infraction pourront être envoyées, avec une seule amende possible par trimestre et par véhicule. Une clause spécifique prévoit une tolérance pour les propriétaires capables de prouver la commande d’un véhicule conforme avant le 31 décembre 2025 mais pas encore livré début mars 2026.
Combien de véhicules sont concernés?
Les estimations évoquent plusieurs dizaines de milliers de véhicules touchés par le jalon 2025/2026. Une étude mentionne environ 29 000 voitures (principalement diesel Euro 5 et essence Euro 2) qui ne répondent plus aux critères et ne peuvent plus circuler dans la Région bruxelloise, sans compter les navetteurs venant d’autres régions ou de l’étranger. Bruxelles Environnement rappelle que ces restrictions ont déjà permis de réduire fortement les émissions : la part du diesel dans le parc a presque été divisée par deux et les concentrations de NO2 ont chuté jusqu’à 30 % dans les axes les plus fréquentés.
Quelles possibilités de dérogation ou de solution?
Malgré le durcissement, certaines dérogations et alternatives restent possibles pour les automobilistes. On distingue notamment :
- Les véhicules bénéficiant de dérogations automatiques (ambulances, véhicules de personnes handicapées, certains véhicules historiques, etc.), selon des conditions strictes fixées par la Région.
- Le pass LEZ payant, qui permet à un véhicule non conforme de circuler un nombre limité de jours par an dans la zone, moyennant l’achat préalable d’un pass via la plateforme officielle.
- Les solutions de mobilité alternatives : transports en commun renforcés, car‑sharing, leasing de véhicules conformes, ou encore switch vers l’électrique ou l’hybride rechargeable pour les navetteurs réguliers.
Les propriétaires concernés sont invités à utiliser le simulateur officiel LEZ (via la plaque et la date de première immatriculation) pour vérifier précisément leur situation et les options possibles.
Impacts pour les automobilistes bruxellois et navetteurs
Pour les ménages bruxellois, l’impact est avant tout financier : les propriétaires de diesel Euro 5 ou d’essence Euro 2 doivent remplacer leur véhicule, renoncer à se rendre en voiture dans la capitale ou opter pour un pass limité. Les études politiques évoquent plus de 30 000 ménages bruxellois directement touchés, ce qui explique les débats intenses autour du report puis du rétablissement du calendrier initial.
Pour les navetteurs venant de Wallonie, de Flandre ou de l’étranger, la LEZ impose de vérifier soigneusement la norme Euro de leur véhicule et, le cas échéant, de se rabattre sur des parkings de dissuasion en dehors de la zone ou sur des alternatives de mobilité. Les entreprises de leasing, les employeurs et les gestionnaires de flotte adaptent d’ailleurs leurs politiques de véhicules de société pour éviter tout risque d’amende à partir de 2026.
Calendrier futur : sortie du thermique à Bruxelles
Au‑delà du jalon 2026, la LEZ bruxelloise s’inscrit dans un calendrier beaucoup plus ambitieux de sortie des moteurs thermiques. Selon le planning officiel, tous les véhicules diesel seront progressivement interdits en Région bruxelloise d’ici 2030, et tous les véhicules essence (y compris hybrides, LPG et CNG) d’ici 2035. Ces dates s’appliquent à la plupart des catégories de véhicules, avec des variantes pour les camionnettes, bus, cars, poids lourds et deux‑roues motorisés, qui disposent de calendriers spécifiques.
Entre 2026 et 2030, d’autres paliers sont prévus : interdiction de nouvelles classes de diesel (Euro 6 b, c et d‑TEMP) et d’essence plus récents (Euro 3 puis Euro 4), selon un rythme fixé par les tableaux officiels de Bruxelles Environnement. Ce calendrier reste susceptible d’ajustements politiques, mais la trajectoire générale vers une ville sans moteurs thermiques est clairement confirmée par les autorités régionales.
Objectifs environnementaux et santé publique
Les restrictions de la LEZ répondent à des enjeux sanitaires majeurs : la pollution de l’air liée au trafic est associée à des milliers de décès prématurés chaque année en Belgique et en Europe. Les premières évaluations montrent que la LEZ bruxelloise a déjà permis de réduire fortement les concentrations de NO2 et de particules fines le long des grands axes, avec un bénéfice direct pour les habitants, en particulier les enfants et les personnes fragiles.
Bruxelles inscrit ainsi sa politique dans les objectifs européens de neutralité climatique et dans les stratégies visant à réduire massivement les émissions de CO2 et de polluants locaux dans les grandes villes. La LEZ est ainsi présentée comme un outil central, complémentaire aux mesures fiscales (déductibilité des voitures de société, taxes CO2, etc.) et aux investissements dans les transports publics et les infrastructures cyclables.
Quel avenir pour la LEZ après 2035?
À long terme, la LEZ de Bruxelles devrait évoluer d’un simple filtre sur la norme Euro vers un cadre plus global de mobilité zéro émission. Une fois les véhicules thermiques bannis (2030 pour les diesel, 2035 pour les essences et hybrides), la question ne sera plus seulement de savoir si un véhicule est autorisé, mais quel type de mobilité est privilégié (électrique, partagée, transports publics, vélo, etc.).
Les discussions en cours portent déjà sur :
- Le rôle futur des véhicules électriques lourds (SUV, utilitaires) et leur impact sur l’espace public et la sécurité routière.
- La possibilité d’introduire, à terme, des zones à zéro émission encore plus strictes dans certains quartiers ou autour des écoles.
- L’intégration de la LEZ avec d’autres outils comme la tarification intelligente de la route, les politiques de stationnement et les plans de circulation locaux.
Il est probable que la LEZ actuelle serve de base à un système plus large de régulation de l’accès à la ville, combinant critères environnementaux, gestion du trafic et qualité de vie.

Enregistrez vous à notre newsletter
